Vol à Miramas : 15 armes dérobées après une fuite de données
Dans les Bouches-du-Rhône, un nouvel incident interroge sur la sécurité des détenteurs d’armes légales. Un sexagénaire passionné de tir sportif a découvert à son retour chez lui que son arsenal privé avait été entièrement vidé. Une affaire qui pourrait être liée à une vaste fuite de données touchant la communauté des tireurs français.
Un coffre sécurisé forcé dans la nuit
Le propriétaire, âgé d’une soixantaine d’années, avait quitté son domicile pour la nuit de vendredi à samedi. À son retour, la scène qui l’attendait était sans équivoque : les portes présentaient des traces d’effraction et le local blindé où il conservait ses armes déclarées avait été ouvert.
Les cambrioleurs ont fait main basse sur un important stock. Au total, quinze armes ont disparu : dix carabines, trois pistolets, un revolver et un fusil à pompe. Les malfaiteurs sont également repartis avec environ 200 cartouches de douze calibres différents.
Une enquête confiée à la police judiciaire
Une plainte a immédiatement été déposée par la victime. Les investigations ont été confiées aux services spécialisés, avec la saisine de la Division de la criminalité territoriale. Les enquêteurs tentent désormais de déterminer les circonstances précises de ce vol et d’identifier les auteurs.
La piste suivie pourrait dépasser le cadre d’un simple cambriolage opportuniste. Les autorités examinent notamment un éventuel lien avec d’autres affaires similaires.
Une série de vols après un piratage massif
Ce cambriolage s’inscrit dans un contexte particulièrement inquiétant. Ces derniers mois, plusieurs tireurs sportifs ont été victimes de vols ciblés à leur domicile, suivant un schéma récurrent qui éveille les soupçons.
L’origine de ces attaques répétées remonterait à octobre 2025, date à laquelle la Fédération française de tir a subi un piratage informatique d’envergure. Les données personnelles de 250 000 adhérents actifs et 750 000 anciens membres ont été compromises lors de cette cyberattaque.
Des informations sensibles en circulation
Les fichiers dérobés contenaient des renseignements particulièrement précieux pour d’éventuels malfaiteurs : numéros de licence, états-civils complets, adresses postales, coordonnées électroniques et téléphoniques. Un véritable annuaire des détenteurs d’armes à feu légales.
En avril dernier, Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur, a publiquement reconnu l’existence d’un lien probable. Ses services avaient alors recensé « entre 20 et 30 cambriolages potentiellement liés à ce piratage, via des données vendues sur le darknet ».
Le lien avec Miramas reste à confirmer
Pour l’instant, aucune confirmation officielle n’établit de connexion directe entre le vol survenu à Miramas et la fuite de données de la FFTir. Néanmoins, la méthode employée et le ciblage précis correspondent au mode opératoire observé dans les affaires précédentes.
Les enquêteurs devront déterminer si les cambrioleurs disposaient effectivement d’informations issues du piratage ou s’il s’agit d’une coïncidence. L’enjeu dépasse le cadre de cette seule affaire : il concerne la sécurité de milliers de tireurs sportifs potentiellement exposés.

